6-UN PEU D'HISTOIRE


La légende du boomerang

« Aux premiers jours du Temps des Rêves les hommes devaient ramper sur leurs mains et leurs genoux car le ciel touchait presque le sol. Un jour, un vieux chef s’approcha d’une mare d’eau magique et se pencha pour boire. Alors qu’il se désaltérait, il vit un magnifique
bâton tout droit dans l’eau. De la main il l’atteignit et s’en empara.
Et soudain il se dit : avec ce bâton, je peux repousser le ciel, et nous pourrons vivre debout!
Alors il poussa et poussa le ciel jusqu’à l’endroit où il se trouve maintenant, et les arbres commencèrent à grandir, et les opossums gambadèrent sur les branches et les kangourous se mirent à sauter de joie.
Le vieux chef regarda son bâton et vit qu’il était terriblement courbé. Se disant qu’il ne servirait plus à
rien, il le jeta au loin, mais le bâton revint vers lui. Il le jeta de nouveau et le bâton revint encore. Alors il le garda et le baptisa boomerang. »

 (Légende australienne recueillie par Arthur et Les Janetski)




Histoire, hypothèses.
Il y a deux types de boomerangs . Le mot boomerang est un terme générique qui englobe deux
types d’objets : le boomerang sans retour et le boomerang avec retour. Les premiers explorateurs dans
leurs récits concernant les performances de ce morceau de bois ont entretenu la confusion entre les deux. Pourtant, il est important de les distinguer, car leur usage est différent :

1°- Les boomerangs sans retour appelés KILLING STICK sont en général plus grands que les boomerangs avec retour.
Ils sont lancés à plat, leur trajectoire est presque rectiligne; ils servent à chasser, ils ne reviennent
pas, à cause de leur forme, de leur profil et de leur poids !
Ce sont assurément les boomerangs les plus utiles à la survie d’une population : ils étaient utilisés pour creuser, découper la viande, faire du feu par frottement, mais aussi comme instrument de musique (en entrechoquant deux boomerangs l’un contre l’autre) et servaient aussi d’objets
rituels. Dans certaines régions côtières où des flaques d’eau piègeaient des poissons, on les assommait à l’aide de petits boomerangs spécialement conçus pour cette pêche.
Chaque région possède son type de boomerang, parfaitement adapté au milieu géographique et à l’usage correspondant. En plaine, on utilisait des boomerangs de grandes dimensions, alors que dans les régions montagneuses les boomerangs étaient plus petits.
Chez la plupart des utilisateurs, le boomerang sans retour devint sans doute obsolète à la suite de l’invention de l’arc et de la flèche.

2°- Les boomerangs avec retour, les plus connus des occidentaux, n’ont jamais été utilisés comme
armes, contrairement à ce que racontent de nombreux récits et témoignages. Ils sont petits et légers, sont lancés verticalement et décrivent une trajectoire avec retour. Ils ne sont destinés qu’à jouer et à exercer l’adresse de leur utilisateur.
Origines du boomerang avec retour
Le plus vieux boomerang à été découvert en 1985 en Pologne à Oblazowa, taillé dans une défense de
mammouth, il est daté de 30 000 ans avant notre ère. Il est toujours impossible de dire pourquoi et dans quelles conditions il a été fabriqué.
Le plus vieux boomerang en bois qui a été retrouvé, à été sorti de la tourbe en Australie à Wyrie Swamp, il date de 11 000 ans.
On a aussi découvert des boomerangs dans la tombe de Toutankhamon, dont certains possèdent les
caractéristiques aérodynamiques permettant le retour.
L’origine du boomerang avec retour reste jusqu’à présent très obscure. Sa réalisation suppose des connaissances en aérodynamique et physique. Cet objet si simple en apparence, condense à lui seul de nombreuses lois physiques : Principe de Bernouilli, précession gyroscopique, etc.
Souvent, le point de départ de nombreuses inventions est l’imitation d’un phénomène naturel. L’homme a voulu s’élever dans les airs comme un oiseau, aller sous l’eau comme un poisson, d’où l’invention de l’avion et du sous-marin . Or, dans la nature, rien ne se comporte de près ou de loin comme un boomerang, c’est à dire capable d’effectuer un aller-retour sans aide extérieure,à
part peut-être… l’écho en montagne.
Alors comment en est-on arrivé à cette invention si singulière ? Plusieurs hypothèses ont été faites, mais à l’heure actuelle aucune n’est privilégiée :
1°Le hasard
- En voulant alléger le poids d’un boomerang sans retour, le bois se serait coudé.
- Avec l’usure, et le temps, un boomerang sans retour se serait « vrillé » donnant ainsi une nouvelle géométrie et un début de profil permettant son retour…
2°L’observation
Les feuilles d’eucalyptus ont des formes allongées et coudées partiellement vrillées. Jetées en l’air, elles reviennent sensiblement à leur point de départ. Il existe des végétaux, qui ont la particularité de planer : les graines volantes ou graines à ailettes.
Citons par exemple les graines de tilleul, de platane, ou de sycomore. Il existe aussi une curieuse plante japonaise de la famille des concombres, la zanonia macrocarpia. Sa graine est portée par une membrane légère, rigide et sensiblement vrillée pouvant atteindre 20 cm d’envergure. Portée par le vent et tournoyant, elle peut atteindre des distances condidérables.
Mais, de là à penser que cette observation puisse donner l’idée de construire un boomerang…
Pour l’instant les questions demeurent sans réponses vraiment satisfaisantes …alors, allons voir du côté d’une légende.




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